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    go! Rockwell – Obsolete Medium

    Rockwell
    Obsolete Medium LP
    Sorti le: 27/11/2015
    Shogun Audio
    Depuis presque dix ans gravite autour de la planète drum & bass un ovni voguant sur les mouvances et les styles sans jamais s’y enliser, laissant derrière lui une patte artistique singulière, réticente à toutes étiquettes. Une tempête sonore nommée Rockwell.
    Personnalité versatile, le producteur londonien doit son succès à une poignée de titres d’anthologie, tel que « Detroit », « Tripwire » ou plus récemment « 1_2_3_4 ». On compte également à sa discographie de nombreuses expérimentations en termes d’atmosphère et de composition par le biais de tracks profondes telles que « Underpass » et « Aria ».
    Essentiellement remarqué et soutenu à ces débuts par Critical Music, Rockwell rejoindra petit à petit les rangs de l’écurie Shogun Audio au fil des années et en deviendra un artiste emblématique. C’est ainsi sur le célèbre label de Friction que le producteur sort aujourd’hui son premier album « Obsolete Medium », concentré loufoque et nuancé de drum & bass à la croisée des genres et des influences. Un opus de quinze titres haut en couleurs qui cache bien des surprises. 

    L’album débute en douceur avec en guise introduction un long bruit blanc agrémenté d’un speech énigmatique suivit de « Faces feat. Lauren L’aimant », une track mélodique portée par une voix féminine mélancolique et des synthés brillants qui apportent une touche dancefloor contrebalancée par un beat halftime agrémenté de claps, qui n’est pas sans rappeler le style de Lynx. Un son qui nous plonge dans un univers complexe où les influences fusionnent avec style.
    « INeedU » accélère la cadence et le groove. Les drums véloces et punchy de Rockwell font leur apparition et on entre au cœur du sujet. Les stabs mélodiques et les open hats funky nous renvoient à « Tape Pack » d’Ulterior Motive, dans une version garage sur-vitaminée. On suit cette ligne directrice sur « Lines Of Ground Glass » avec ses lignes de synthés cristallines façon UK House et ses basses percussives. Le design sonore est très beau, particulièrement sur la seconde moitié du drop qui reprend le thème principale avec une modulation de la ligne mélodique intéressante.
    La partie centrale de l’album développe une atmosphère teintée de hip hop sur les tracks « 14Me » et « Guts / Blood / Sex / Drugs (feat. Jams) » qui reviennent sur un rythme pesant et des basses LFO saturées. On retrouve les Critical heads Sam Binga et Hyroglifics sur « Itsok2behapp-e » pour une collaboration énergique. On reconnait aisément la touche Rockwell sur la drumline et les nappes mélodiques dans le ton de l’album, mais la basse est caractéristique du style de Hyroglifics et resemble d’ailleurs fortement celle de « Killamanaman ».

    On entre dans la dernière partie du LP avec « Please Please Please (Play This on the Radio) », track emblématique de l’album. Rockwell concentre ici toute l’essence de l’album et la restitue avec une maitrise de composition et d’arrangements exceptionnelle. L’introduction complexe, à mi-teinte entre des ambiances planantes et sonorités abstraites aboutit sur un buildup mené par un thème au piano très radiophonique. Le drop développe la tension qui ne semble jamais redescendre, laissant l’auditeur en haleine. Une faculté de composition propre au producteur et partie intégrante son identité. Du compromis entre le son « faussement » mainstream de la track et sa richesse dans l’arrangement résulte une étonnante atmosphère absolument unique en son genre.

    On s’aventure vers quelque chose de plus expérimental sur « Dizzle » et « Macbook Jungle Crew (Your Time) » aux effets sonores hachés épileptiques. Des vibes plus mélodieuses s’en suivent avec « Technoir » en collaboration avec Breakage. Une association inattendue et intéressante dont il résulte une track puissante dont on retient le synthé « saw » acide dans un style à la Alix Perez.
    Une petite virée neurofunk pour conclure l’album, sur « Music 2000 » et « Rave Cult » avec Phace. On reconnait très bien sur cette dernière l’allemand, qui développe en long et en large sa signature sonore à grand coup de basses percussives et des d’effets robotiques froid et agressifs. Finalement, on ne voit plus très bien où Rockwell se cache dans le morceau…

     « Obsolete Medium » rend fièrement hommage au travail de Rockwell et semble témoigner de la maturité musicale dont il a hérité suite à ces années passées au service de la drum & bass. Si on remarque que le producteur est tourné vers un son majoritairement plus dancefloor que par le passé, l’album reste fidèle à la sa personnalité. On peut néanmoins déplorer l’absence de tracks réellement ambiantes et minimalistes telles que « The Rain », cependant le style de Rockwell ayant beaucoup évolué ces dernières années il faudra certainement faire l’impasse sur cet aspect de sa musique.
    Le son fourni et complexe de l’album nécessite plusieurs écoutes pour se forger un avis critique, on conseille donc aux détracteurs (ou approbateurs !) trop pressés de se pencher sur l’opus avec recul pour en savourer toute l’intensité à sa juste valeur. Bonne Ecoute !
    Charles Fourcassié 

    Cet article Rockwell – Obsolete Medium est apparu en premier sur DnbFrance - The French Drum & Bass Website.

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